Boudin noir et vie du village : rites, partage et renouveau
Préparer le boudin reste avant tout une affaire collective et festive. Historiquement, le jour de la « saignée », plusieurs familles se rassemblaient pour transformer l’animal en saucisses, pâtés et, bien sûr, en boudin. Ce moment marquait le calendrier rural — pas une maison sans sa part de boudin au petit matin, servi brûlant sur une tranche de pain grillé. Chaque année, de rares familles de Seur et de ses environs maintiennent cette coutume ancestrale : on élève un ou deux cochons, on partage la viande le jour dit, le boudin cuit dans de grandes marmites à ciel ouvert.
Selon l’enquête réalisée par l’Observatoire régional des pratiques alimentaires (2021), près de 23 % des foyers ruraux du Loir-et-Cher déclaraient encore, il y a moins de dix ans, consommer du boudin noir « fait maison » au moins une fois par an. Ce chiffre, bien que décroissant, indique un attachement fort à cette tradition, à mi-chemin entre souvenir, convivialité et revendication du « bien manger » local (source : Observatoire régional).