Prendre racine autrement : changer de vie et devenir maraîcher bio à l’âge adulte
Des destins qui bifurquent, il y en a toujours eu. Mais depuis quelques années, ils semblent fleurir plus nombreux au détour d’un chemin de campagne ou sur...
Imaginez un village de 2200 habitants, posé dans la plaine d’Alsace, à quelques encablures de Mulhouse. À première vue, Ungersheim ressemble à tant d’autres communes du Grand Est : maisons colorées, ruisseau discret, clochers qui rythment la vie… Mais depuis une quinzaine d’années, Ungersheim incarne l’un des exemples les plus accomplis de ce que l’on appelle la « transition » — cette capacité à remettre en cause son modèle, pour aller vers plus d’autonomie et de respect de l’environnement.
Pourquoi Ungersheim ? Par hasard, par nécessité ou par conviction ? Ici, tout commence au début des années 2000, sous l’impulsion de son maire, Jean-Claude Mensch, convaincu que l’écologie n’est pas une mode, mais un chemin à construire au quotidien. Loin d’être un projet imposé, la transition ungersheimoise s’enracine dans le bon sens paysan et une capacité rare à embarquer les habitants dans l’aventure.
La réussite d’Ungersheim repose sur un cap clair : son « plan de transition », lancé en 2005, balaye tous les domaines de la vie du village. L’objectif ? Gagner en autonomie, réduire ses émissions de CO2, créer du lien social et de l’emploi local… tout en préservant la beauté du paysage rural.
Source : France TV Info
C’est souvent dans l’assiette que commence la révolution, et Ungersheim ne fait pas exception à la règle. Depuis 2009, la commune nourrit ses écoliers à 100 % en bio et local. Le secret ? La ferme municipale, gérée en permaculture et cultivée selon les principes de l’agroécologie.
Aujourd’hui, Ungersheim est une référence nationale en matière de restauration scolaire bio – le village a été cité dans de nombreux rapports parlementaires et inspire d’autres collectivités (source : Assemblée Nationale).
Choisir l’écologie, c’est aussi repenser l’économie. À Ungersheim, plusieurs initiatives ont fait émerger une économie locale résiliente, axée sur le réemploi, le partage et le circuit court.
Données issues de Libération.
Réduire les émissions de CO2 ne se limite pas à la réduction des déchets ou à la promotion du bio. L’énergie a aussi une place centrale à Ungersheim, qui s’est fixé pour cap l’autonomie énergétique (électrique et thermique) sur le long terme.
Sources : Reporterre, Mairie d’Ungersheim.
Le transport est un défi majeur pour la ruralité. Ungersheim a choisi d’encourager les modes doux et collectifs :
Pour aller plus loin : Notre Planète info
À Ungersheim, rien ne se fait sans concertation. Chaque grande orientation est soumise à débat, lors de rendez-vous citoyens réguliers. Les enfants prennent aussi la parole : le Conseil municipal des enfants propose des idées concrètes, souvent reprises par les élus.
Plusieurs médias soulignent la force de l’implication citoyenne comme principal levier de réussite (source : Le Monde)
Aujourd’hui, Ungersheim attire chercheurs, étudiants, élus venus de toute la France, et même de l'étranger, pour observer ses réalisations. Son modèle se diffuse par des films, comme « Qu’est-ce qu’on attend ? » de Marie-Monique Robin (2016), tourné dans la commune et largement diffusé. Cet écho agit comme un effet boule de neige sur le territoire, inspirant d’autres villages à engager leur propre transition.
| Secteur | Initiative phare | Impact |
|---|---|---|
| Alimentation | Ferme municipale bio | 65 000 repas scolaires/an, 100 % bio et local |
| Énergie | Ferme solaire citoyenne | 1 100 personnes couvertes (70 % du village) |
| Gouvernance | Conseils participatifs citoyens | Plus de 500 citoyens impliqués/an |
| Économie | Monnaie locale « Le Radis » | 40 000 Radis échangés/an |
Ungersheim n’est pas sans contrainte ni sans difficultés : les choix sont discutés, parfois débattus avec force. Mais ce village montre que la transition écologique, loin d’être une utopie, s’expérimente, s’ajuste et s’enracine dans les réalités locales.
Et si Ungersheim n’était qu’un début ? Le village continue de faire école, témoignant que les utopies sont parfois plus concrètes qu’il n’y paraît, du moment qu’on prend le temps d’écouter, de tester, d’associer, de rêver ensemble et surtout… d’oser. Pour suivre les aventures d’Ungersheim ou s’inspirer de ses initiatives, toutes les ressources sont disponibles via la plateforme Village en Transition ou sur la mairie d’Ungersheim.
Ressources et sources complémentaires :