Les incontournables du gibier autour de Seur
Petite revue de ce que l’on trouve dans les cuisines et sur les menus des tables locales, entre recettes séculaires et produits stars des marchés d’automne.
La venaison de cerf : le roi de la forêt
Le cerf élaphe est le plus grand mammifère sauvage du Loir-et-Cher. Sa chasse est une institution locale.
En cuisine, c’est la viande noble par excellence, prisée pour sa finesse et sa faible teneur en matières grasses (environ 2 à 4 % selon l’ADEME). On le prépare traditionnellement :
- En civet (longuement mijoté dans le vin rouge, lard et aromates, parfois agrémenté de baies de genièvre),
- Sous forme de terrine ou de pâté, où l’on marie chair de cerf, foie gras et parfois myrtilles, clin d’œil aux forêts alentours,
- Sous forme de rôti ou de médaillons saisis à la poêle et servis « grand veneur », avec une sauce onctueuse au vin et au poivre vert.
Le civet de cerf fut longtemps le plat des grandes occasions. On dit, à Seur, qu’il n’y a pas meilleure façon d’apprécier la venaison qu’avec un chevreuil mijoté toute une nuit, prêt pour le banquet dominical après la chasse.
Le sanglier : symbolique et convivialité
Animal emblématique de la Sologne, le sanglier a vu ses populations exploser depuis les années 1980 (ONCFS). Symbole de la force et de la ruse dans la tradition locale, il alimente certaines recettes incontournables :
- Le ragoût de sanglier à la solognote, parfumé au vin de Cheverny, champignons des bois et carottes,
- Le jambon de sanglier fumé, servi en fines tranches en apéritif,
- La saucisse de sanglier, spécialité bouchère souvent proposée pendant la saison des marchés d’automne,
- Les terrines paysannes, où la viande corsée est adoucie par du foie de porc, des pistaches ou encore de la courge, rare légume-racine typique de la région de Seur (répertoire de recettes familiales locales).
Le sanglier fait aussi partie de la tradition orale : on raconte dans la région nombre d’anecdotes rurales, entre chasses spectaculaires et bêtes rousses traversant la route à la nuit tombée – méfiez-vous sur les routes forestières !
Le chevreuil, délicatesse des forêts
À mi-chemin entre la finesse du cerf et la puissance du sanglier, le chevreuil offre une viande délicate. On l’apprécie particulièrement :
- En noisettes ou gigot, rapides à cuisiner et valorisées par des sauces aigre-douces (groseilles, cassis, ou orange),
- En sauté de chevreuil aux airelles, parfums venus des étangs où ces petites baies fleurissent à la fin de l’été,
- En terrine ou galantine, relevée d’herbes sauvages récoltées sur les bords de la Loire.
Les gibiers à plumes du terroir de Seur
- Le faisan commun (Phasianus colchicus) : élevé et relâché dans certains domaines depuis le 19e siècle. On le cuisine souvent en fricassée, au vin blanc de Touraine, ou farci aux cèpes.
- La perdrix grise et rouge : prisées pour les pâtés chaud-froid, une spécialité locale qui s’entrevoit sur les tables lors des mariages ou des fêtes de chasse.
- La bécasse des bois : rare et précieuse, sa chasse reste très réglementée (Ligue Protectrice des Oiseaux). Les plus fins connaisseurs la dégustent simplement rôtie ; sa « sauce salmis » est un trésor des recettes solognotes.
- Le canard colvert des étangs : les recettes au vin rouge et champignons sont une ode à l’automne local.