La Loire, le Cher, la Sologne : une trilogie fertile

La situation géographique de Seur a tout d’une aubaine : les sols sont riches, alterne alluvions, argiles et sables, et profitent d’un climat tempéré par la Loire. Ce territoire tient sa vitalité agricole d’un subtil équilibre :

  • La Sologne au sud, marquée par ses forêts et ses landes, propices à la cueillette, à l’élevage et à la chasse.
  • La vallée de la Loire, vaste jardin légumier depuis la Renaissance.
  • Les coteaux du Cher, connus pour accueillir la vigne depuis l’Antiquité.

Un contexte géographique qui explique la diversité des productions : en moins de 20 kilomètres autour de Seur, on passe des vignes à perte de vue aux rivières regorgeant de poissons, sans oublier les élevages caprins, les vergers et les fameuses terres maraîchères du Val de Loire.

La vigne, fierté du Loir-et-Cher : les vins de Cheverny et Cour-Cheverny

Difficile de parler terroir sans évoquer le vin, indissociable de l’identité locale. Autour de Seur, deux appellations d’origine contrôlée rayonnent : Cheverny (AOC) et Cour-Cheverny (AOC).

Un vignoble ancré dans l’histoire

C’est François Ier qui donna son premier élan à la viticulture du secteur au XVIe siècle, conviant la Cour à Cheverny. Les archives montrent qu’en 1789, on comptait déjà plus de 450 hectares de vignes sur les coteaux [source : INAO]. Aujourd’hui la surface totale pour les deux appellations dépasse les 600 hectares, répartis sur 24 communes environ.

Des cépages et une typicité rare

  • Le Cheverny blanc est composé principalement de Sauvignon, distingué par sa fraîcheur et ses notes d’agrumes.
  • En rouge et rosé, c’est l’assemblage Pinot-Noir/Gamay qui fait la différence, apportant fruité et souplesse.
  • Le Cour-Cheverny, très singulier, est élaboré à partir d’un cépage unique : le Romorantin, introduit par François Ier. Ce vin blanc est l’un des plus rares de France, produit sur à peine 60 hectares.

Anecdotes et faits à retenir :

  • La plus ancienne vigne de Romorantin plantée près de Cheverny date de 1850 et est toujours exploitée [Source : Cheverny Tourisme].
  • Le Cheverny est le seul vin servi lors des banquets officiels du château de Cheverny, source d’inspiration du château de Moulinsart dans Tintin.
  • Chaque année, au printemps, la Fête des Vendanges de Cheverny attire plus de 5 000 visiteurs.

Fromages de chèvre du Loir-et-Cher : un parfum de tradition

Entre plaines, bois et landes solognotes, le terroir de Seur est propice à l’élevage caprin. La région est l’un des bastions historiques du fromage de chèvre : on y recense près de 70 fermes de production caprine dans le seul Loir-et-Cher (données Chambre d’Agriculture 2023).

Les incontournables :

  • Selles-sur-Cher (AOP) : reconnu depuis 1975, croûte cendrée et cœur fondant. Ce fromage est perçu comme le “diamant” local, vendu à près de 1 300 tonnes par an [source : Syndicat Selles-sur-Cher AOP].
  • Valençay (AOP), issu pour partie du sud-Loir-et-Cher (200 tonnes produites/an pour le département).
  • Sans oublier les délices confidentiels comme le crottin de Chitenay ou les bouchons de Saint-Gervais. Astuce locale : chaque marché de village, à Seur comme à Cellettes, propose au moins deux artisans fromagers, offrant des fromages affinés sur place, dont la saveur évolue avec les saisons.

Savoir-faire et circuit court

  • De nombreuses fermes pratiquent la vente directe, à la ferme ou sur les marchés, comme à Cellettes et Vineuil.
  • Plusieurs offres innovantes : vente de fromages à la coupe, ateliers de découverte pour enfants, et même hébergement à la ferme pour plonger dans le quotidien des éleveurs.
  • Depuis 2023, une “Route des fromage de chèvre” relie les exploitations autour de Seur à celles du nord du département [source : La Nouvelle République].

Le maraîchage : la Loire, un potager d’exception

La tradition des “jardins de la Loire” fait des localités proches de Seur un réservoir inépuisable de fruits et légumes. La vallée alluviale assure une fertilité remarquable.

Une production variée et qualitative

  • Asperge de Sologne : récoltée dès avril, elle représente plus de 90 hectares cultivés sur le secteur. C’est l’une des productions les plus emblématiques du centre-Loir-et-Cher.
  • Fraises, tomates anciennes, carottes et poireaux primeurs : toutes abondent dès le mois de mai.
  • Quelques fermes innovent, comme à Mont-près-Chambord, en cultivant des variétés oubliées (pâtisson, pourpier, rutabaga), souvent en agriculture biologique [source : Chambord Terre de Producteurs].
  • Les circuits courts se développent, grâce notamment à la plateforme “Locavor”, regroupant plus de 30 producteurs dans un rayon de 15 km (données 2023).

L’anecdote à ne pas manquer

Chaque année en juin, le village de Monthou-sur-Bièvre organise ses « Jardins ouverts en fête » où il est possible de déguster, sur place, plus d’une trentaine de variétés de légumes cultivés autour de Seur (Source : Mairie de Monthou).

Miels et douceurs solognotes : entre ruches et vergers

Le Loir-et-Cher compte près de 10 000 ruches (source : Observatoire français d’Apidologie), bénéficiant de la diversité florale des forêts, prairies et vergers environnants.

  • Le miel toutes fleurs solognot est apprécié pour sa texture crémeuse et son parfum subtil.
  • Le miel d’acacia, récolté plus au nord, est prisé pour sa limpidité et sa douceur.
  • Des spécialités comme le pain d’épices ou les nougats locaux sont fabriqués artisanalement, notamment par la maison Boyer à Vineuil.
  • Des vergers familiaux fournissent pommes, poires, prunes et mirabelles : on trouve à Seur et Saint-Gervais une tradition ancienne de confitures, parfois cuisinées au chaudron à l’ancienne.

À table ou sur le pouce : quelques spécialités d’ici à ne pas manquer

  • Tarte Tatin (Lamotte-Beuvron) : certes devenu universel, ce dessert caramélisé trouve ses racines au sud de la Sologne.
  • Le Pâté de Pâques : une tourte farcie aux œufs durs et épinards, spécialité du printemps.
  • Le gibier: civet de sanglier, terrine de chevreuil ou de faisan figurent sur bien des cartes d’auberges (la chasse occupe encore plus de 400 000 hectares en Loir-et-Cher, source ONF).
  • Les rillettes de poisson de Loire, tressées sur les marchés, évoquent l’ancienne activité des pêcheurs locaux.
  • Petite curiosité: l’omelette à la pimprenelle, une plante sauvage ramassée sur les coteaux de Seur, dont le goût rappelle la noisette.

Les marchés et producteurs : une immersion vivante

Pour goûter la diversité du terroir, rien de mieux que de flâner au marché. Sur les étals de Vineuil (samedi matin), Cellettes (dimanche) ou Chailles (vendredi), les producteurs partagent leur passion. Certains proposent des paniers hebdomadaires, d’autres organisent des visites-dégustations : à ne pas manquer pour découvrir la fabrication du fromage ou les secrets d’une rillettes de carpe. Chaque année, plus de 50 marchés gourmands locaux sont organisés dans le Loir-et-Cher, souvent l’occasion d’échanger directement avec les producteurs et d’assister à des démonstrations culinaires.

Perspectives : le terroir, entre transmission et innovation

Le visage gastronomique de la région de Seur ne cesse d’évoluer. Les jeunes agriculteurs investissent dans la permaculture, le “bio” gagne du terrain, et l’expérimentation de cultures comme le safran ou le quinoa fait son apparition. Le label “Loir-et-Cher, Terre de Qualité” fédère désormais près de 150 artisans et producteurs locaux, preuve d’un dynamisme inaltéré [source : Département du Loir-et-Cher].

Découvrir la richesse des produits du terroir, c’est appréhender l’âme profonde d’un territoire : celle des femmes et des hommes qui perpétuent un savoir-faire, s’adaptent, innovent et font vivre la table et la convivialité au quotidien. Entre dégustation, balade gourmande et rencontre, chacun peut venir y puiser l’essence même de la région : un goût de partage, d’authenticité et de terroir, à savourer de mille façons.

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