Prendre racine autrement : changer de vie et devenir maraîcher bio à l’âge adulte
Des destins qui bifurquent, il y en a toujours eu. Mais depuis quelques années, ils semblent fleurir plus nombreux au détour d’un chemin de campagne ou sur...
Le Loir-et-Cher, terre de châteaux et de forêts, vibre aussi à travers une gastronomie façonnée par les siècles, les terroirs et les rencontres. Autour de Seur, chaque plat traditionnel est le reflet des paysages et de l’ingéniosité de ceux qui ont su tirer le meilleur de leur environnement. Ce patrimoine comestible invite autant à la dégustation qu’à la découverte de petites histoires locales, et mérite bien une étape gourmande entre deux balades patrimoniales.
La Loire et le Cher, si présents dans le paysage local, sont aussi à l’origine d’une cuisine de rivière raffinée. Le sandre, poisson blanc au goût délicat, y règne en maître. Préparé au beurre blanc, une sauce émulsionnée à base de beurre, de vinaigre et d’échalotes, il représente tout l’art culinaire des bords de Loire : sobriété et élégance. Ce plat, popularisé par la tradition nantaise, a su conquérir les tables du Loir-et-Cher grâce à la richesse piscicole de la région.
La Sologne, voisine immédiate de Seur, évoque la chasse, les forêts profondes et des tables automnales et hivernales garnies de gibier. Cerf, chevreuil mais aussi sanglier sont cuisinés en civet, en terrine ou tout simplement rôtis. Les premiers traités culinaires de la région faisaient déjà la part belle à cette viande, ancrée dans le mode de vie local — selon certaines estimations, la Sologne accueille plus de 10 000 chasseurs chaque saison ! (Fédération Départementale des Chasseurs de Loir-et-Cher)
Impossible d’explorer les environs de Seur sans savourer une authentique tarte Tatin. Née à Lamotte-Beuvron à la fin du XIXe siècle, grâce au « raté » des sœurs Tatin, cette tarte renversée aux pommes fondantes caramélisées a séduit la France entière. La recette authentique utilise les fameuses pommes de Sologne, gorgées de saveur et de jus.
Bien qu’associée à la ville de Tours, la rillette est partout dans le Loir-et-Cher : chaque petite boucherie a sa recette. Préparée avec du porc local, confit pendant de longues heures, puis effiloché à la main, elle est à savourer sur une belle tranche de pain de campagne. La rillette a même obtenu une Indication Géographique Protégée (IGP) en 2013 (Le Quotidien de l’Art).
Spécialité des villages proches de la vallée du Cher, le pâté de Pâques est une tourte garnie de viande hachée et d’œuf dur, cuite en croûte dorée. Chaque famille garde précieusement sa version. Cette tradition, qui accompagne les repas de printemps depuis au moins le XVIIIe siècle, symbolise à la fois le renouveau et la convivialité. Les charcuteries artisanales de la région en proposent autour de Pâques et parfois toute l’année.
Produit typique de la gastronomie blésoise, l’andouillette est parfumée au vin blanc de Vouvray, venu tout droit des coteaux voisins. Cette spécialité à la fois rustique et élégante illustre bien le lien entre vigne et assiette. Les bonnes tables de Blois, Chitenay ou Cheverny lui réservent souvent une place de choix au menu.
AOC depuis 1975, le Selles-sur-Cher est un incontournable : petit palet de chèvre à croûte cendrée, à la texture fondante et au goût subtil. La région produit plus de 1 500 tonnes par an (Office de Tourisme de Selles-sur-Cher). On le retrouve sur tous les marchés, souvent accompagné de pain tradition « tourangeau » et d’un verre de Sauvignon blanc.
Moins connu, le cotignac (gelée de coings) est un trésor sucré à déguster lors des fêtes ou à offrir. Longtemps réservé à la haute société, ce petit palet fondant se déguste pur, dans des boîtes en bois, ou sur une tartine.
Bien que plus connues du côté de l’Indre-et-Loire, les poires tapées traversent naturellement les tables ligériennes jusqu’en Loir-et-Cher. Déshydratées dans des fours à bois puis aplaties au maillet, ces poires étaient un moyen ancestral de conserver les fruits d’hiver. Elles se dégustent seules, réhydratées dans du vin, ou accompagnent gibier et fromages. Aujourd’hui, à peine six artisans perpétuent ce savoir-faire, essentiellement à Rivarennes, mais leur produit rayonne jusqu’aux marchés locaux du Loir-et-Cher (Poires tapées de Rivarennes).
Élaboré depuis des générations à partir du miel de Sologne, le pain d’épices reste un pilier des grandes célébrations et foires régionales. D’une douceur incomparable, il mêle trois types de farine et un bouquet d’épices qui varie secrètement selon l’artisan. Il se sert aussi bien au goûter qu’en accompagnement de foie gras ou de fromage.
Petites adresses de village, fermes auberges, marchés hebdomadaires : la tradition se savoure dans le partage. Quelques rendez-vous :
Pour ceux qui souhaitent poursuivre la découverte, des ateliers et fêtes gastronomiques sont organisés toute l’année : la Fête des Vendanges à Cheverny (fin septembre), les Journées du Goût à Blois, ou encore les marchés à la truffe en hiver.
Autour de Seur, chaque plat renferme une part de la mémoire locale. Qu’il s’agisse du sandre pêché au petit matin, d’un pâté de Pâques transmis de génération en génération ou d’un morceau de pain d’épices glissé dans le sac du goûter, la gastronomie invite à voyager dans le temps aussi sûrement que les pierres des châteaux. Goûter ces spécialités, c’est rencontrer un territoire à travers ses habitants, ses histoires et ses saisons.
Cheminer autour de Seur devient ainsi bien plus qu’une promenade patrimoniale : c’est aussi une aventure de saveurs, faite de curiosité, de rencontres – et de gourmandise assumée.