Freins, interrogations… et expériences en Loir-et-Cher
Évidemment, face à ce bouleversement, les freins restent nombreux, surtout dans une région comme la nôtre où l’agriculture céréalière nourrit des familles depuis des générations :
- Le changement de pratiques nécessite une période de transition de plusieurs années : Les résultats (en termes de rendements ou de baisse des intrants) ne sont pas immédiats.
- Un suivi attentif et une formation technique sont nécessaires, d’autant plus sur des sols argileux ou limoneux, où l’absence de travail du sol pose d’autres questions (risques de compaction, levée des adventices, etc.).
- L’investissement initial dans le matériel (semoirs adaptés, gestion des couverts, etc.) peut décourager, même si les économies récurrentes (carburant, traitements) compensent souvent après quelques années (Source : Terre-net).
Toutefois, dans le Loir-et-Cher et les départements voisins, plusieurs collectifs d’agriculteurs et groupes d’essai accompagnés par les Chambres d’agriculture testent depuis une dizaine d’années le non-labour et les techniques inspirées de Fukuoka. Selon la Maison de la Nature et de la Biodiversité, il y aurait plus de 70 exploitations engagées sur ces pratiques « minimales » ou en voie de conversion bio régénératif.
Témoignage local : à Saint-Gervais-la-Forêt, une exploitation familiale cultive blé, orge et seigle selon la méthode Fukuoka depuis 2019. « On a eu deux ans de transition avec des chardons en pagaille, puis le sol s’est assoupli, les oiseaux sont revenus en nombre et les rendements se sont stabilisés », confie l’exploitant lors d’une porte ouverte en 2023 (Source : Recueilli sur place lors d’une visite d’exploitation).