Prendre racine autrement : changer de vie et devenir maraîcher bio à l’âge adulte
Des destins qui bifurquent, il y en a toujours eu. Mais depuis quelques années, ils semblent fleurir plus nombreux au détour d’un chemin de campagne ou sur...
À la croisée de la Sologne, de la vallée de la Loire et des premiers plateaux du Loir-et-Cher, la région de Seur offre un vrai condensé de nature préservée. Ici, la forêt – principalement domaniale, privée ou communale – n’est pas un simple décor pour les balades ; elle pulse d’une vie discrète, souvent insoupçonnée. Entre clairières, chênaies, mares temporaires et fourrés humides, chaque niche du paysage abrite tout un monde à découvrir.
La silhouette effilée d’un chevreuil (capreolus capreolus) se détache souvent entre les troncs à l’aube ou au crépuscule. Très présent en Loir-et-Cher, il s’agit de l’un des ongulés les plus fréquents de la région avec une densité avoisinant 12 à 18 individus pour 100 hectares dans certaines forêts locales (ONCFS, bilan 2022). Il affectionne les lisières, ces zones de rencontre entre forêt et champs, où il trouve nourriture et sécurité. Un adulte pèse environ 20 à 30 kilos et laisse sur son passage une empreinte fine, en forme de cœur inversé.
Moins facile à observer que le chevreuil, le sanglier (sus scrofa) n’en est pas moins l’un des maîtres incontestés des bois de Seur. Très dynamique au crépuscule et la nuit, ce grand omnivore est un fouisseur invétéré : son museau robuste laboure les sols humides à la recherche de tubercules, de vers ou de glands. La population de sangliers en Loir-et-Cher connaît une progression constante depuis les années 1990, avec des variations selon les saisons et les prélèvements de chasse (Fédération Départementale des Chasseurs du 41).
Souvent perçu uniquement par une trainée dans la rosée ou son aboiement nocturne, le renard roux (vulpes vulpes) n’est pas rare autour de Seur. Il peuple les lisières, les bosquets et même les abords des villages. Opportuniste, il joue un rôle de régulateur des rongeurs mais sait aussi varier son menu avec baies, insectes et même quelques fruits.
Le chant du geai des chênes, son cri rauque et les éclairs bleus de son plumage, trahissent sa présence. Oiseau sentinelle de la forêt, le geai (garrulus glandarius) alerte tout le sous-bois à l’approche d’un promeneur.
La forêt de Seur héberge de 37 à 42 espèces d’oiseaux nicheurs selon les années, un chiffre relevé durant des recensements participatifs par la LPO Centre-Val de Loire entre 2019 et 2023.
Les mares et fossés temporaires abritent ponctuellement tritons, grenouilles rousses et crapauds communs. Plus discrets, les lézards verts et orvets (ce dernier est un reptile sans patte, souvent pris pour un serpent) se chauffent au soleil sur les lisières dégagées.
Le lapin de garenne (oryctolagus cuniculus) et le lièvre d’Europe (lepus europaeus) préfèrent les clairières ou les abords des cultures. Si l’on guette au petit matin, il n’est pas rare d’apercevoir un ballet bondissant à la frontière des bois.
La pression de la myxomatose et la fragmentation des habitats ont provoqué un déclin des populations de lapins dans la région depuis les années 1980 (source : OFB – Office Français de la Biodiversité), tandis que le lièvre résiste mieux, notamment grâce aux couverts changeants des cultures.
Animal discret au mode de vie exclusivement nocturne, le blaireau (meles meles) creuse d’impressionnants terriers appelés "settons". Ceux-ci, parfois multi-générationnels, témoignent de la grande fidélité de l’espèce à son territoire. On reconnaît l’activité du blaireau aux entrées ovales de ses terriers, souvent entourées de déblais et de poils.
Symbole du patrimoine naturel local et autrefois signe de richesse pour les chasses seigneuriales, le cerf élaphe (cervus elaphus) demeure très discret dans la région de Seur, où il n’occupe qu’une poignée de territoires. L’occasion la plus propice pour l’entendre ? Entre mi-septembre et octobre, pendant le fameux brame. Ses puissants mugissements résonnent jusqu’à deux kilomètres par temps calme. Le cerf adulte mâle peut atteindre 180 à 220 kg, mais franchir sa route le matin est un privilège exceptionnel !
La nuit venue, des dizaines d’espèces de chauves-souris chassent au-dessus des lisières ou dans les allées forestières. Pipistrelles, murins ou noctules profitent d’un riche banquet d’insectes. Le loir gris (glis glis), sorte de gros rongeur trapu, hiberne neuf mois par an et ne se montre qu’aux beaux jours pour grignoter noisettes et glands dans les vieux arbres creux.
La faune sauvage préfère la discrétion : l’observation patiente est donc la meilleure alliée des curieux, que l’on soit petit ou grand.
Les forêts autour de Seur recèlent bien plus qu’un simple refuge pour la faune. À chaque saison, un nouveau tableau se révèle : traces dans la boue en hiver, vols migrateurs au printemps, brame du cerf à l’automne, ou ballets de papillons lors des chaudes journées d’été. Les sentiers, parfois familiers, dévoilent à qui sait ouvrir l’œil une diversité exceptionnelle, de l’infiniment petit au grand mammifère furtif.
L’observation de la nature invite à ralentir, à écouter et regarder, mais aussi à participer à la préservation de ces milieux : signalez vos découvertes sur Faune France, participez à des sorties naturalistes locales ou pourquoi pas, engagez-vous pour la biodiversité avec la LPO.
À chacun sa façon d’explorer : appareil photo, carnet de notes ou simples balades en famille, la faune de Seur saura toujours surprendre, et rappeler combien la nature toute proche mérite qu’on prenne le temps de (re)partir à sa rencontre.
Sources :